L'annonce faite hier par le gouvernement du Québec quant à l'objectif qui vise à réduire de 20% d'ici 2020 les émissions de GES de la province a été accueillie de manière assez variée chez les groupements écologistes.
Dans un premier temps, les groupes Défense environnementale, Équiterre, Fondation David Suzuki, Institut Pembina et Vivre en ville ont dit constater, dans un communiqué conjoint, que cette cible est semblable à celle de l'Union européenne. Ils ont aussi ajouté qu'il s'agit de la cible la plus ambitieuse sur le continent nord-américain. Ils estiment que le Québec demeure un leader en Amérique du Nord, «ce qui est d'autant plus important devant l'inaction de plus en plus affirmée du gouvernement fédéral canadien, dont la cible n'est que de - 3%, la plus basse des pays industrialisés».
«Alors que la science commande des réductions entre -25% et -40% sous 1990 d'ici à 2020, nous pensons par ailleurs qu'il est possible d'aller encore plus loin et d'en faire plus dans le contexte actuel. Nous travaillerons avec le gouvernement du Québec et le reste de la société civile afin de proposer des pistes d'action et des mesures additionnelles pour bonifier les objectifs du Québec» ajoutent ces groupes.
L'Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA), la Coalition Québec Kyoto, Greenpeace et le Réseau québécois des groupes écologistes (RQGE) ont pour leur part accueilli le tout un peu plus froidement. En fait, ces groupes se sont dits déçus.
«Québec présente aujourd'hui une cible insuffisante étant donné qu'il a tout en main pour être bon premier, mais il assoit son rôle de chef de file en Amérique du Nord. Grâce à son immense potentiel en termes d'efficacité énergétique et en énergies vertes, le Québec est la province canadienne la mieux placée pour atteindre une réduction d'au moins 25% en 2020» a soutenu André Bélisle porte-parole de QuébecKyoto et président de l'AQLPA.
Ces groupes ont cependant salué l'intention du gouvernement Charest de faire comme l'Europe et de s'engager à «faire passer ses réductions à moins 30% dans l'éventualité où les autres pays industrialisés feraient des efforts comparables».
(sources: Équiterre, Greenpeace, CNW)
par Olivier Caron