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5  août 2008

Pelleter ses déchets dans la cour du voisin!

Publié par Cécile Gladel à 9H44
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Dans la région de Montréal, le site d'enfouissement de Lachenaie est revenu nous hanter la semaine dernière. Le BAPE lui a accordé un sursis de 4 ans. Au grand dam des écologistes et des voisins du dépotoir. On les comprend!

Pendant ce temps, la ville d'Asbestos consulte et étudie la possibilité de recycler la mine Jeffrey en un centre intégré de gestion des matières résiduelles qui comprendrait une usine de compostage, un centre de tri, une usine de méthanisation et un lieu d'enfouissement technique. Un peu comme le site St-Michel, ancienne carrière Miron à Montréal où l'on trouve plusieurs centres de récupération, recyclage et l'enfouissement de déchets secs. Aussi une usine de biogaz produit à partir de la décomposition des déchets.

Les Québécois sont les champions canadiens. Ils produisent 12 millions de tonnes de déchets par année, c'est à dire 1,5 tonne par personne. Incroyable.

Les villes sont donc le point central de notre course à la réduction des déchets. On cite souvent l'exemple de Victoriaville, la ville la plus verte du Québec. Première à mettre en place le recyclage et aussi le compostage, cette ville a atteint un taux de récupération de 68 % des déchets. Le taux qu'auraient dû atteindre toutes les villes au Québec en 2008. Le Québec est à 28 %. Très loin du compte comme la majorité des villes québécoise.

Autre méthode : en facturant le ramassage des déchets et en instaurant progressivement la collecte des matières organiques, Toronto entend valoriser 70 % de ses déchets !

Outre les villes, les gens peuvent aussi faire un effort, car les déchets ne disparaissent pas comme par magie. On aimerait le croire lorsqu'on se débarrasse de son sac vert.

Tout d'abord, il s'agit de réduire sa consommation afin de réduire ses déchets. Vérifier les emballages que vous achetez. On donne, réutilise. Dernier effort on recycle.

Mais on peut se mettre au compostage. Car les déchets organiques sont ceux qui posent le plus de problèmes : odeur, biogaz et lixiviat, ce jus de poubelle qui contamine les nappes phréatiques.

Si vous n'avez pas besoin de compost (sauf qu'on ne produit moins que l'on pense), vous pouvez l'offrir à des amis. Lorsque j'en parlais à l'été et rien d'autre, dimanche dernier, dans le cadre de ma chronique, Stéphane Garneau (l'animateur) riait en suggérant de l'emballer avec un beau nœud. Pourquoi pas ? hehehe, la nouvelle mode n'est plus d'apporter une bouteille de vin mais un pot de compost pour remercier ses invités !

Des villes organisent le ramassage du compost comme Saint-Hyacinthe, Sherbrooke, Hamilton, Edmonton, Ottawa et aussi Toronto qui a pris le taureau par les cornes en 2007. Saviez que ce sont les provinces maritimes qui ramassent la palme dans le compostage, le Québec, au contraire, figure dans le peloton de queue.

En 2006, 30 % des ménages de la Colombie-Britannique compostaient. 27 % au niveau national. Mais le taux de compostage de l'Ile du Prince Edouard est de 91 %, car c'est obligatoire, 69 % en Nouvelle Écosse, et 13 % au Québec, qui porte le bonnet d'âne. Même, l'Alberta fait mieux avec 22 % ! Ces chiffres ont été compilés au printemps 2008 par Statistiques Canada lors d'une grande enquête !

Et vous pouvez vous mettre au compostage. Plus facile qu'on ne le pense. Lorsque je m'y suis mise, mes voisins pensaient que mon composteur attirerait les rats et autres bestioles et les odeurs. Rien de tout ça. Il suffit d'un petit carré de terre, un composteur et un bon mélange des matières sèches ( feuilles, papier) et matières humides ( déchets de table).

Au Québec, le guide le compostage facilité offert sur le site de Recyc-Québec ou Nova envirocom. De nombreuses municipalités offrent également des ateliers et je résume le processus dans mon livre.

Attention ne faites pas l'erreur d'une amie qui a pris un bac de comptoir pour un système de compostage. Au bout de trois semaines dans sa cuisine, elle s'étonnait de voir des vers, de sentir des odeurs bizarres. Ce bac de comptoir est pour garder les déchets organiques quelques jours avant de les transférer dans le composteur extérieur.

À Vancouver, un groupe, City Farmer enseigne depuis 30 ans l'art de cultiver des légumes en ville et de composter. Cette ville aurait d'ailleurs un climat parfait pour le compostage ainsi que le vermicompostage.

Si on a la chance d'habiter proche de l'éco-quartier Jeanne-Mance à Montréal, on a accès au centre Tourne-sol, un compostage collectif pour les gens qui n'ont pas de cour.

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