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vendredi 6 juin 2008 à 10H33

Eau: se donner bonne conscience

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Je ne sais pas si c'est à cause de toute la flotte qui nous tombe sur la tête depuis le mois de mai, mais la ministre du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs annonçait hier un Xième nouveau projet de loi visant la protection de l'eau au Québec.

Rien de vraiment nouveau sous le soleil, le projet de loi reprend les grandes lignes de ce que le PQ avait déjà présenté. Il faudra donc encore attendre avant que Québec ne commence à prélever des redevances sur les eaux captées, un projet dont les gouvernements parlent depuis 2002.

Pas de nationalisation de l'eau en vu non plus comme le rapporte Antoine Robitaille dans le Devoir de ce matin.

Pas une nationalisation

Si l'article 1 du projet de loi est adopté, l'eau «de surface et l'eau souterraine» seraient qualifiées de «patrimoine commun de la nation québécoise». Il ne faut y voir aucune tentative de «nationalisation» de l'eau, a précisé Mme Beauchamp. Une nationalisation aurait pour défaut de faire de l'eau une chose que l'on peut s'approprier. Or, maints défenseurs de l'eau le répètent depuis longtemps: il ne faut pas que ce soit le cas, même pas par l'État. L'eau doit continuer «d'appartenir à tout le monde». L'article 1 du projet de loi spécifie d'ailleurs que ce sont là des ressources qui «ne peuvent être appropriées».

L'État doit toutefois en être le gardien, un rôle que le projet de loi veut entre autres renforcer, a expliqué la ministre, à une époque de changements climatiques où l'eau douce deviendra un enjeu toujours plus important.

De nouveaux pouvoirs sont donc attribués à l'État. Le procureur général pourra désormais intenter des poursuites au civil contre l'auteur d'un dommage à une ressource en eau. Sans faire du poisson ou de l'écosystème un «sujet de droit», ceux-ci sont ici pour une rare fois dans le droit québécois «considérés pour eux-mêmes», a expliqué un juriste du ministère. Selon lui, la disposition aura aussi des effets dissuasifs. (Le Devoir, 06/05/08)

Dans la catégorie "gestes pour bien-pensants"

Ça me fait toujours tiquer un peu quand quelqu'un, tout fier, me dit "moi je ferme l'eau du robinet en me brossant les dents", comme si c'était là le problème, comme si c'était le geste salvateur par excellence de la ressource hydrique. D'abord, une petite voix me crie qu'à Montréal, l'eau du robinet provient du fleuve, qu'elle y est puisée à l'ouest de l'île pour y être retournée à l'autre bout et reprendre son cours un peu plus propre qu'à son arrivée. Alors que pendant ce temps, pleine de bonne volonté, une part de plus en plus grande de la population ferme l'eau du robinet en se brossant les dents, collectivement on laisse l'entreprise privée la puiser à qui mieux mieux pour nous la revendre sous forme diverse, en bouteille avec ou sans bulle -claire, brune ou orange-, sous forme de steak ou de voiture. Pour ceux que la question intéresse, du côté de Discover, un article aborde justement la question de l'eau virtuelle. Cette eau nécessaire à la production des biens de consommation qui représente des quantités astronomiques mais qui reste invisible à nos yeux de bons consommateurs qui fermons l'Eau en nous brossant les dents.


Quelques chiffres:

- Il faut environ 300 litres d'eau pour fabriquer un kilo de papier.

- Il faut environ 1 000 kilos d'eau pour produire un kilo de pommes de terre et plus du double pour un kilo de boeuf.

- Il faut plus de 215 000 litres d'eau pour produire une tonne métrique d'acier.

Pendant ce temps...

- 1,1 milliard de personnes (1/6 de la population mondiale) n'ont pas accès à l'eau

- 2,4 milliards de personnes sont privées de systèmes d'assainissement de base

- 450 millions de personnes dans 29 pays sont confrontées à des problèmes de pénurie d'eau (ce nombre pourrait s'élever à 2,5 milliards en 2050)

- 15 000 personnes dont 6 000 enfants meurent chaque jour de maladies liées au manque d'eau potable 
(10 personnes par minute dont 4 enfants)

- Vous pouvez survivre environ un mois sans nourriture, mais seulement de cinq à sept jours sans eau.

(source UNESCO et Environnement Canada)


Dans les oreilles...

On m'a fait découvrir Keny Arkana cette semaine, ses paroles engagées troublent et changent de l'officielle tendance à parler de son nombril. Sa pièce 5ième soleil m'est restée dans la tête toute la semaine, bien que déprimante un peu, je partage, la voici.

Parce que Keny Arkana est aussi une rappeuse marseillaise, elle me rappelle du bon vieux IAM, notamment leur pièce récente, aussi particulièrement déprimante, La fin de leur monde.


Allez, on garde le sourire et on lève la tête au lieu de baisser les bras !

Bon weekend à tous!

+++


Photo: prise en Chine par une amie, cette pancarte a au moins le mérite d'être clair.


par Sophie-Anne Legendre



VOS COMMENTAIRES


Cet article a reçu 8 commentaires


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    Benton a dit le 6 juin 2008
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    Je ne sais pas s'il y a une loi environnementale au Québec là-dessus, mais l'usine (récente) où je travaille a son propre bassin de sédimentation, elle récupère l'eau de pluie et l'eau y circule en circuit fermé...


    Donc il faut faire attention avec le xxx litres d'eaux utilisés, c'est parfois le même xxx litres d'eaux!

  • img_5
    Christian de Mtl a dit le 6 juin 2008
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    Concernant la commercialisation de l'eau et l'ALENA, est-ce que quelqu'un sait si le projet de loi présentée l'an passé par le Bloc pour exclure l'eau de l'entente a aboutit?


    Christian

  • img_5
    Edgar Echevers a dit le 6 juin 2008
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    J'ai vraiment aimé la chanson. Ça nous démontre bien le pouvoir des mots. Il faut par contre que l'écouteur... Comprenne entre les lignes...

  • img_5
    Lustuccc a dit le 6 juin 2008
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    Sophie-Anne je t'aime! ;-)

  • img_5
    Sebastien a dit le 7 juin 2008
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    Salut !

    Moi j'ai un puit artésien. Quand j'arrose mon gazon ou mes patates, tout ce que je fais c'est pomper de l'eau à 100 pieds sous terre pour la déverser en surface. La végétation prend ce dont elle a besoin et la plus grosse partie de l'eau utilisée retourne dans la nappe phréatique. Et j'en utilise de l'eau... 3 acres de terrain ca demande de l'entretien... Ha ça oui, des milliers de litres y passent, croyez moi !

    Pis ?

    Quelqu'un peut-il bien m'expliquer en quoi cela est de la polution ?

    Quand à ceux qui crèvent de soif dans le monde, c'est l'argument choc qui revient tout le temps... C'est quoi la solution : Pomper nos nappes phréatiques pour aller les déverser là bas ?

    On vient nous répéter que ca se passe mal dans le monde, mais on nous pousse à la surconsommation. On nous dit qu'on pollue, mais on est presque rendu à emballer individuellement chaque tranche de pain. Combien d'eau ca prend pour fabriquer toutes ces petites choses dont le seul destin est d'être mis aux vidanges ? Cette eau là est pompée de la nappe phréatique, mais elle n'y retourne pas...

    Moralité : On frappe sur le petit consommateur, on lui fait croire qu'il est coupable, alors que les vrais coupables, eux, s'en sortent indemne.

    Sur ce, c'est une très belle journée pour aller arroser mon gazon et nettoyer mon entrée de garage !

  • img_5
    gilles moreau a dit le 7 juin 2008
    Répondre
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    tous seux qui sacuppe de la pouluciont ce son des ipocryte avec leur belle parolle cais pas demain matin que les grosses conpagnie vont changée leurfacont de produir des conpagnies comme alouette il araiteres pas ca produciont

  • img_5
    Robert a dit le 8 juin 2008
    Répondre
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    [Hors sujet]
    Au sujet des sacs recyclable des épiceries qu'on doit payer 0.99$ pour remplacer les sacs de plastique.
    Normalement, il devrait avoir moins de sacs de plastique au poubelle, eh bien j'ai remarqué ces derniere semaine, que ce n'était pas le cas.
    En jetant un coup d'oeil a l'épicerie dans la section de vente de sacs a ordure pour la cuisine, entre autre, que les tablettes se vide beaucoup plus vite qu'avant.
    Donc, on utilise moins de petits sacs blanc d'épicerie, mais on achete plus de sac en boite pour nos ordures, ca revient au meme ?
    J'aimerais bien savoir quel entreprise produits les sacs réutilisable ? Est-ce les memes qui fabrique les sacs de plastique ?

  • img_5
    ObiWanCeleri a dit le 8 juin 2008
    Répondre
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    C'est la bonne vieille rengaine ... accuse les autres de tes pires exactions ...
    Des exemples?
    Des gouvernement à la solde des gourmands qui suggèrent aux petits d'arrêter leurs moteurs à la lumière rouge pour économiser
    Des présidents qui brisent de l'économie qui appellent les consommateurs à consommer ... et son adulés
    Des peuples bourreaux aui accusent leurs victimes de les terroriser
    Le monde est à l'envers et on le célèbre à l'endroit ...

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