Ringardes et dépassées les manifestations ?
Dimanche dernier, j'ai assisté à la manifestation contre le projet de l'autoroute Notre-Dame. Observatrice intéressée. Le grand tintamarre comme l'avaient appelé les organisateurs s'est transformé en petit fiasco. Peu de monde pour influencer les décideurs qui balayeront du revers de la main ces quelques empêcheurs de tourner en rond. Est-ce pour dire que tout le monde approuve le projet de modernisation de la rue Notre-Dame ?
Il faut dire que les gens qui seront les plus touchés par cette autoroute urbaine sont parmi les plus pauvres de Montréal dans Hochelaga-Maisonneuve. Ils ont d'autres préoccupations plus urgentes que de manifester. Les autres ? N'étaient pas là . Enfin peu.
Les manifestants étaient donc à peu près 300. Pancartes, cyclistes bruyants, enfants et politiciens : Richard Bergeron de Projet Montréal, Françoise David de Québec Solidaire, le NPD et le Parti vert étaient présents.
Greenpeace, Équiterre, le Conseil régional de l'environnement de Montréal, des groupes qui s'opposent juridiquement au pont de la 25 étaient absents. Enfin, j'ai aperçu Arthur Sainborn de Greenpeace, mais aucune participation visible.
Tout en observant les manifestants, je me posais des questions. Est-ce que les manifs sont dépassées ? Comment les gens peuvent exprimer leur désaccord ? Quels sont les moyens ? Le peuple a-t-il encore une voix ?
Je crois que oui. En effet, le peuple a réussi à faire plier le gouvernement sur le projet du Suroît et du Mont-Orford.
Sauf que lorsque le projet concerne l'automobile, des routes, des ponts, la majorité penche encore pour la route. Les gens qui s'opposent à la modernisation de Notre-Dame ne sont pas contre tout changement. Ici ils expliquent simplement vouloir une modernisation humaine.
Cette faible participation n'influencera sûrement pas les pouvoirs publics. Notre-Dame deviendra une autoroute. Peu importe les conséquences sur la santé dans le quartier traversé. Peu importe les conséquences environnementales. Peu importe si on va à l'encontre de la tendance actuelle.
Il faut développer le transport en commun, pas des autoroutes et des ponts. Il faut limiter l'offre pour privilégier le transport en commun. Améliorer l'accès au transport en commun pour encourager les automobilistes à l'utiliser. On fait le contraire.
Certains disent que la congestion engendre de la pollution. Ça ne tient pas. C'est l'utilisation massive de la voiture qui engendre la pollution, pas les bouchons.
Toutes les études soulignent qu'une augmentation de l'offre routière n'améliore la fluidité que de manière temporaire. Le problème se reproduit ensuite.
Lorsqu'on offre plus de nourriture à un ogre, il va être rassasié les premiers jours puis il va demander plus de nourriture encore et encore. Les automobilistes sont des ogres. Ils veulent des routes, des ponts, encore plus, toujours plus. Ils ne seront jamais satisfaits.
| Publié par Cécile Gladel à 11H01 |
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